Livradois Forez Médias

 


vendredi 27 janvier 2017

Procés verbal de réception au métier de maitre #coutelier : jean chabrol l’aine 2 juin 1718

Aujourd’hui second juin 1718 devant nous ANTOINE ASTIER DE CHAZERON sieur des Astiers , châtelain et juge ordinaire de la ville de THIERS assisté de notre greffier et en présence du procureur d’office à comparu en notre hôtel JEAN CHABROL coutelier habitant du village de Chabrol paroisse de saint Rémy avec Mr Joseph Gourbine son procureur qui nous a dit et remontré que sur la requête par lui à nous présentée , il aurait obtenu ce jourd’hui second juin 1718 portant permission d’être admis a la maitrise des couteliers à la charge par lui de rapporter son chef d’œuvre et prêter serment en présence dudit procureur d’office à la manière accoutumée .

C’est pourquoi il nous a requis qu’il nous plut le recevoir à la maitrise sous offre qu’il fait de rapporter son chef d’œuvre à quoi il a ci devant travaillé à la manière accoutumée .Au moyen de quoi après avoir oui le dit procureur d’office qui y à adhérer a été procédé à la réception dudit JEAN CHABROL l’ainé en présence de Georges DELOLME , Jacques PRODON DOLY , Pierre BOYER et Pierre OBSTANCIAS maitres couteliers habitants dudit THIERS jurés visiteurs dudit art et métier l’année présente ainsi que s’ensuit.

JEAN CHABROL l’ainé coutelier habitant du village de Chabrol paroisse de saint REMY âgé d’entour vingt six ans fils a feu Benoit vivant maitre coutelier dudit village , le dit Jean CHABROL ayant fait son apprentissage chez son père et ensuite y a travailler comme compagnon et en son particulier depuis le décès de son dit père et pour son chef d’œuvre à fait un couteau manche de fer de la marque le py à lui appartenant et ledit chef d’œuvre fait et fabriqué en présence des dits maitres jurés visiteurs ainsi qu’ils l’ont déclaré et après avoir dudit CHABROL prit et reçu le serment au cas requis par lequel il à promis de bien et fidèlement observer les règles et statuts des couteliers , ce que nous lui avons enjoint à été reçu MAITRE COUTELIER.

Fait le dit jour et an second juin 1718 et avons signé avec ledit procureur d’office, le dit BOYER, ledit GOURBINE procureur et notre greffier .Ledit CHABROL et les dits autres jurés visiteurs ont déclaré ne savoir signer de ce enquis et signé DES ASTIERS châtelain, ASTIER procureur d’office, Pierre BOYER, GOURBINE procureur et GUILLEMOT greffier.


Transcription Michel Sablonnière.

dimanche 8 janvier 2017

Extrait de l'arpentage de #Vollore ancêtre du #cadastre.

EXTRAIT DE L’ARPENTAGE DE LA PAROISSE DE VOLLORE.

« Procès verbal d’arpentage des héritages des habitants du quartier de la rivière et Montguerlhe paroisse de Vollore, qui a été fait par les sieurs Pierre Montoloy arpenteur habitant de Thiers et Etienne Chassonnerie estimateur habitant du lieu du Trévy paroisse d’Augerolles.

En exécution de l’ordonnance rendue par monseigneur de Rossignol intendant de cette province d’Auvergne, en date du quatorze avril mil sept cent quarante quatre.»

L’ancienne paroisse de Vollore s’étendait sur un vaste territoire comprenant les actuelles communes de Vollore ville, Vollore montagne et sainte Agathe. Cet espace correspondait à peu près aux seigneuries de Vollore et Montguerlhe. La seigneurie de Montguerlhe débordant sur la paroisse de Celles et la viscomtat.

A la fin du 17ème siècle, la paroisse de Vollore fut divisée en huit quartier pour la collecte des impôts royaux. C’est par un traité entre les habitants, daté du 9 janvier 1695, que les consuls et collecteurs du lieu créèrent les huit quartiers qui étaient :

  1. Quartier du bourg avec Jacques Goyon premier consul.
  2. Quartiers des fins Antoine Dumas Maillon consul. Les fins ou finages représentaient le territoire autour du bourg.
  3. Quartier de la Rivière Pierre Archimbaud consul.Ce quartier regroupait les villages le long du ruisseau du Suchel ou ruisseau des roches, et la partie sud-est de la paroisse.
  4. Quartier de Termilhat (le mas) Antoine Dufraisse consulCe quartier se situait en grande partie sur sainte Agathe, du moulin des vernières au village de Chabany.
  5. Quartier de Montguerlhe guillaume Costes consul. C’est la partie est et nord-est de sainte Agathe.
  6. Quartier du pas de l’Arche Annet Rossias consul. C’est en grande partie le secteur de la chapelle du Trinquart (Vollore montagne).
  7. Quartier d’Aubusson haut Annet Archimbaud et François Dumas- Mailhon consuls.C’est le territoire de Pognat jusqu’à la croix de sante Agathe.
  8. Quartier d’Aubusson –bas Huguet Découzon consul. C’est tout l’espace proche de la paroisse Espinasse –Aubusson.

Nous traiterons ici de deux de ces quartiers : Montguerlhe et la Rivière. Le document manuscrit, établi en 1744 à la demande de l’intendant de la province d’Auvergne, comporte dix cahiers de dimensions 33cm x 21 cm de vingt pages chacun.
Ils sont rédigés en grande partie par la même personne, d’une écriture fine et agréable à lire.
Sur ces dix cahiers sont recensés tous les tenanciers de biens des quartiers de Montguerlhe et la Rivière.
Le premier cahier commence au village de Frissonnet au nord-est de la paroisse et le dixième s’achève au village de la Gardelle au sud-est de la dite paroisse. Les noms des différents propriétaires sont inscrits sur les trois dernières pages.
Dans ce document contrairement aux rôles de la taille précédemment étudiés, les professions de chaque propriétaire ne sont pas précisées. Cependant quelques indications nous renseignent indirectement.
On relève en effet : un notaire, un procureur d’office, des bourgeois et les nombreuses communautés de laboureurs. Il y a aussi beaucoup de vignerons (chez chastel, à la cotias, à la tiercerie, à monmiot a la goutte…).

La taille des propriétés est extrêmement variable, la bourgeoisie et les communautés possèdent les plus importantes superficies. Les journaliers n’ont souvent que quelques milliers de mètres carrés, on relève un seul pauvre sans aucune propriété. Il y a cinq moulins fariniers répartis le long du ruisseau du Suchel et du ruisseau Brunie.

MOULINS DES QUARTIERS DE MONTGUERLHE ET LA RIVIERE.

Moulin banal de Drulhe. On dénombre deux moulins fariniers a Drulhe. A propos de ces moulins l’abbé Guélon a écrit : (Vollore et ses environs p 155) « Au lieu de Drulhe, le seigneur de Vollore possédait deux moulins fariniers appelés moulins banaux de Drulhe. Il semble que tous les habitants de la justice de Montguerlhe étaient tenus d’y faire moudre leurs grains et de payer pour droit de mouture, une coupe par setier* ». (* setier, mesure variant de 150 à 300 litres.)

En plus des deux moulins cités ci-dessus le meunier possédait d’autres héritages consistant en deux maisons, granges et le pré de la queue de l’étang. L’étang de Drulhe n’existe plus de nos jours mais lors de fortes pluies il n’est pas rare de voir ce pré de plus de un hectare se remplir d’eau à mi hauteur de l’ancienne chaussée. Lors de la révolution de 1789 l’étang fut vidangé afin de recueillir le salpêtre déposé sur les pierres du mur de la chaussée.

En 1744 au moment de la rédaction de ces cahiers, les meuniers de Drulhe étaient Jean et André Sozedde, qui en plus du moulin possédaient environ quatre hectares de terres, paquiers, prés et vignes. A propos des droits de mouture on notera que « a la requête du procureur d’office de Vollore, deux procès verbaux d’enquêtes faites devant le châtelain de Montguerlhe et datées des 19 et 22 juin 1543, sont dressés contre plusieurs particuliers. Suivent deux sentences du bailli des 16 janvier 1544 et du 4 janvier 1545 qui condamnent tous les habitants de la justice de Montguerlhe a aller faire moudre leurs grains aux deux moulins, sous peine d’amende. Le 20 octobre 1533 à la requête du meunier, le juge de Vollore condamne Jean Sozedde à y faire moudre ses grains et a payer le droit de mouture ».

Toujours d’après l’abbé Guélon il est dit que « le 16 janvier 1676, le fermier était Jean Obstancias. Il s’engageait à payer un cens ( redevance ) de douze setiers soigle ( seigle ) avec ses chalonges en directe seigneurie, trois deniers de lodz ( droit sur les ventes) manœuvres ; béluge et autres droits suivant l’usage. A la charge d’entretenir les bâtiments et de laisser dans le dit étang de drulhe appartenant au seigneur de Montguerlhe, de l’eau suffisamment pour nourrir le poisson» ( a l’usage du seigneur).

Moulin de chez Thomas le meunier est Claude Dufraisse qui cultive deux hectares de terres et de prés.

Le moulin de chez le Layard et tenu par Mathieu Gouttefangeas et ses fils. La propriété est d’environ sept hectares. Ce moulin aujourd’hui disparu se situait sur le ruisseau du suchel en aval des villages du buisson et du moulin blanc, près du chemin de l’Europe. De nos jours on distingue des pans de murs au milieu des broussailles.

Le moulin de la Prade, meunier Maurice Coste, propriété huit hectares. l.


( étang de Drulhe 2012. )

Le moulin de Fouynoux, meunier Jean Buisson, propriété 70 ares. Ce moulin est difficile a localiser il n’est fait aucune mention de lieu proche cependant il se trouvait sur le ruisseau du Fouinoux.

LES TERRES CULTIVABLES, LES PASQUIERS, PRES, CHENEVIERES ET VIGNES.

Les terres sont réparties en trois catégories : première classe les bonnes terres, deuxième classe qualité inférieure, troisième classe les mauvaises terres. Il en va de même pour les pasquiers. Les chenevières et les vignes sont répertoriés en deux catégories : première et deuxième classe.

Dans ce secteur de l’Auvergne, les paysans sont essentiellement des laboureurs, c'est-à-dire qu’ils cultivent les sols au moyen d’araires ou de charrues tirés par des vaches, plus rarement par des bœufs que l’on trouve surtout dans les grands domaines de la bourgeoisie et des communautés familiales agricoles. Les chevaux lorsqu’il y en a sont réservés aux déplacements, les bourgeois et les maitres de communautés voyagent a cheval.

Les laboureurs locaux comme tous les auvergnats ensemencent leurs terres de céréales : blé de seigle, le blé ou froment étant très rare sur nos terres pauvres. On cultive aussi de l’avoine( dite pied de mouche) en assez grande quantité. Il va de soit que les rendements étaient assez faibles,d’autant que l’on disposait de peu de fumure en raison du manque de bétail. Comme dans toute la région les agriculteurs des quartiers de montguerlhe et la rivière pratiquaient l’assolement triennal ( rotation des cultures) permettant ainsi le repos de la terre.

Bien entendu à cette époque il n’est pas encore question de pommes de terre, cependant on rencontrera cette culture en Livradois a partir des années 1750 /1760.

LES PASQUIERS

Ce sont des pacages, des pâturages. Ces pasquiers sont des terrains de qualité médiocre très inférieurs aux terres labourables. On y conduit le bétail, quelquefois on y récolte du foin de mauvaise qualité. Ces pâtures servaient très souvent a entretenir un troupeau de moutons. Lors de l’étude des cahiers de la taille de la paroisse de Celles, nous avons remarqué la présence de troupeaux d’ovins là ou les paquiers sont en abondance.

LES PRES

Dans ce secteur la superficie en prairies pouvant donner du foin était assez faible. Comme nous l’avons constaté nos ancêtres étaient essentiellement des laboureurs qui possédaient un minimum de bovins. Là encore seule la bourgeoisie locale (les Dumas, Ferrand, Péturet etc.) et les communautés possédaient des troupeaux. (Les Bourgade à la Dardie, les Coste à la vacherie, les Dunaud à la goutte).

On est encore loin du temps ou l’on verra de belles prairies artificielles (trèfles, luzerne). C’est seulement au 19ème siècle qu’apparaitrons ces prairies permettant ainsi l’amélioration des rendements en fourrages et la qualité du cheptel. De tels documents ne nous renseignent pas sur l’état sanitaire du bétail, bien que l’on soit en 1744 a dix ans d’une épizootie (probablement la fièvre aphteuse) qui décima le bétail des environs de Thiers et d’une grande partie de l’Auvergne.

CHENEVIERES

Ces terres véritables jardins, pour lesquelles on réservait une grande partie de la fumure étaient réparties en deux catégories : 1ère et seconde classe. les deux classes confondues occupaient sur ce secteur une superficie d’environ dix hectares. Les parcelles les plus petites étant d’une superficie de une coupée (environ 100m2) et le plus souvent d’une cartonnée soit environ 600m2.

Dans ce quartier de Vollore les chenevières servaient essentiellement à l’usage domestique afin d’obtenir de la toile de ménage appelée droguet.

LA VIGNE

Elle est omni présente dans tout le secteur ouest du quartier de Montguerlhe (chez Chastel, les cros etc.)ainsi que dans le quartier de la rivière sur les coteaux de Monmiot, la Bournelie. Chaque foyer possède quelques œuvres pour la consommation familiale. Certaines familles vivent de la culture de la vigne. A la Goutte l’une des plus importantes communautés le travail est réparti entre les laboureurs et les vignerons.

Au village de Montmiot la famille Retru cultive douze œuvres de vigne soit environ 7000m2 ou 70 ares. les Mosnat du même lieu possèdent dix œuvres de vignoble. Chez Chastel (louchamp) les Buisson et les Chastel exploitent chacun 10 œuvres soit 6000m2.L’œuvre de vigne était équivalente à la superficie qu’un homme pouvait travailler en une journée. Dans notre secteur une œuvre de vigne équivalait a une cartonnée, soit environ 600m2.

VILLAGES HAMEAUX DU QUARTIER DE MONTGUERLHE ET LA RIVIERE

Montguerlhe : Frissonet, Vaulx, la brousse,Raynaud, La Feuille, la Gonie, la Chassaigne, Rongheas, Bonnabaud, L’obarige, Purisse, Moulin de Drulhe, la Vacherie, le Pommier, le Maspatier, le domaine d’Aiguebonne, lou Peux alias doupeux, le moulin de chez Thomas, le moulin de chez le Layard ( le lézard ).Soit dix neuf villages ou hameaux situés en grande partie sur l’actuelle commune de sainte Agathe. Ces dix neuf lieux dits composaient la quartier de Montguerlhe.

Quartier de la rivière. Sur l’étendue de ce quartier on dénombrait vingt deux villages ou hameaux. A savoir : Chez Chastel ( louchamp), le petit Besset, le grand Besset, la Bunie, chez pallet du Cros ( le cros palais ), laurençon, la Bournelie, la Prugne, la cros Chanos, Monmeaux ( montmiot ), la Tiercerie, le Poux, le Doirier, Lorille, moulin de la Prade, le Crohet, le Chatelet, la Goutte, la Goutte basse, moulin de Fouynoux, la Gardelle.

LES COMMUNAUTES FAMILIALES AGRICOLES

Sur le quartier de Montguerlhe et celui de la Rivière, d’après ce document de cadastre on dénombrait douze communautés de parsonniers. Leur nombre devait être légèrement supérieur, il semble bien que le rédacteur de l’acte ait quelquefois oublié les mention de consorts et communs en bien ce qui équivaut a une communauté. on trouve aussi l’en-tête « un tel père et fils » ce qui pouvait correspondre a une communauté.

La taille des exploitations était très variable d’une communauté à une autre, certaines possédaient a peine cinq hectares, les plus importantes comme les Bourdier Thuel Chassaigne, les Coste où les Dunaud possédaient entre cinquante et cent hectares.

L’éclatement de certaines de ces associations est ici très visible, ainsi au Maspatier il y a trois petites communautés résultant probablement de la dispersion des biens de la maison mère. L ‘exemple le plus frappant se situe au village de la Bournelie ou la très ancienne communauté des Brunel à la date de 1744 se trouve complètement éclatée en une dizaine de petites exploitations. A la même époque leurs voisins les Dunaud a la goutte renouvellent leur association a l’occasion de mariages et se renforcent. Ils maintiendront leur mode vie communautaire jusque au milieu du siècle suivant.

L’importance des biens fera que même si la communauté est dissoute, cette famille gardera un certain prestige à Vollore, comme les Ferriers à Escoutoux ou les Dozolme Chevalérias à Celles s Durolle.

Communautés répertoriées dans le document d’arpentage.

  • Villages de la Chassaigne. Guillaume Thuel chassaigne et Jeammet Chezal son gendre, superficie exploitée neuf hectares.
  • Bonnabaud : Benoit et Maurice Chassaigne consorts, vingt et un hectares.
  • Lobarige : Antoine Bourdier et les veuves de Guillaume et Jean Thuel chassaigne communs en biens, cinquante cinq hectares.
  • Pierre et Antoine Coste frères consorts. quinze hectares.
  • La Vacherie : Pierre et Antoine Coste frères consorts, quarante sept hectares.
  • Le Pommier : Antoine Sablonnière et consorts, dix hectares.
  • Maurice et Jean Buisson, Etiennette Suchet veuve de Jacques Buisson consorts, vint deux hectares.
  • Le Maspatier : Etienne et Benoit Amblard consorts, treize hectares
  • François et Jean Amblard consorts, cinq hectares. Antoine Suchet et Antoine Chastel beaux frères consorts sept hectares.
  • Doupeux : (loupeux) Claude et Michel Doupeux et la veuve d’Annet Doupeux consorts, douze hectares.
  • Chez Chastel : Jean et autre Jean Chastel et Anna Coste tutrice de ses enfants consorts, trente hectares.
  • La Bouenèlie : François Vachon et ses beaux frères consorts, dix huit hectares.
  • La Goutte : Antoine, Claude et Gabriel Dunaud consorts communs en biens, quarante deux hectares.

Les domaines des secteurs de Montguerlhe et la rivière.

Les vingt deux domaines recensés sur les secteurs de Montguerlhe et de la rivière, totalisaient une superficie totale de cinq cent quatorze hectares, auquel il conviendrait d’ajouter les quarante deux hectares de la communauté Dunaud à la Goutte.

Les terres dites de première catégorie occupaient une surface de deux cent cinquante cinq hectares, soit à peine la moitié de la superficie. C’est peu pour un vaste territoire ou les terres dites de seconde et troisième catégorie abondent.

Notre secteur des contreforts des monts du Forez au sol granitique froid et acide ne produisait que de bien maigres récoltes de seigle et d’avoine . A peine de quoi nourrir les populations, seuls les propriétaires des domaines et les communautés arrivaient à vivre décemment.

Domaines des quartiers de Montguerlhe et la Rivière.

  • Village de Frissonnet : Clauda Grimond et Gabriel Dunaud, superficie trente huit hectares.
  • L’Obstancie paroisse de Celles. le sieur Coste de Thiers est propriétaire d’un petit domaine de dix hectares sur la paroisse de vollore.
  • Le sieur Brugière fait exploiter un petit domaine de cinq hectares sur la paroisse de vollore.
  • VAULX : monsieur Doupeux de Thiers est propriétaire du domaine de vaulx d’une superficie de soixante huit hectares.
  • La Brousse ; c’est aussi monsieur Doupeux de Thiers qui est propriétaire du domaine de la brousse d’une superficie de trente quatre hectares.
  • Raynaud : Monsieur Péturet bourgeois de vollore est propriétaire d’un domaine de seize hectares.
  • Rongheas : Le sieur Delapchier est propriétaire de ce domaine de dix sept hectares.
  • La Chassaigne : Pierre et Antoine Costes de la vacherie sont propriétaire d’un domaine à la chassaigne d’une superficie de dix neuf hectares.
  • L’Obarige : Pierre et Antoine Costes consorts possèdent un domaine de quinze hectares.
  • Aiguebonne : le domaine d’Aiguebonne propriété de monsieur Ferrand bourgeois de vollore, d’une superficie de soixante hectares était composé de prés paquiers et landes et quelques terres de médiocre qualité.
  • La dame Guérin de Vollore propriétaire de sept hectares 80 ares au village d’Aiguebonne.
  • Chez Pallet du cros : le domaine de chez pallet du cros ( cros palais) a monsieur François Pradel du bourg de Vollore, douze hectares 50 ares.
  • Les Tioulhards : le domaine des Tioulhars à monsieur Dumas bourgeois du bourg de Vollore,quarante deux hectares.
  • La Tiercerie : le domaine de la tiercerie appartenait à monsieur Fouygoux de la paroisse de Celles, trente six hectares.
  • Le Poux : le domaine du poux appartenant à monsieur Béringier procureur d’office de Vollore,dix neuf hectares.
  • Lorilhe : le domaine de lorilhe à monsieur Pierre Chèze notaire royal à vollore, vingt hectares.
  • Le petit domaine de lorilhe à monsieur Raymond Chèze, quatre hectares.
  • Le Crohet : le domaine du crohet à monsieur Jacques Dumas bourgeois du bourg de Vollore,trente huit hectares.
  • Pognat : le domaine de pognat à monsieur Dunaud prêtre, vingt hectares.
  • La Chatelet : le domaine du châtelet à monsieur Dunaud prêtre vingt quatre hectares.
  • La Gardelle : le domaine de la gardelle à monsieur Giraud bourgeois de Thiers, huit hectares 80 ares.


( Extrait de l’arpentage de la paroisse de Vollore.1744.Archives DUNAUD à la Goutte. )

Afin de compléter cette étude nous ajoutons à ce texte un état des surfaces cultivées et du bétail de la paroisse de Vollore en 1741.( sources archives Beaujeu de martignat. L’original de ce document est consultable aux archives de la mairie de Vollore).

Industrie et revenus des biens fonciers : 824 livres, maisons,jardins,chenevières :405livres.867 septerées de terres, dont 568 exploitées en propre et 299 en colonage, revenu fiscal 1076 livres. 623 journaux de prés dont 418 exploités en propre et 204 à colons pour un revenu fiscal de 1304 livres.195 septerées de pacages dont 137 en propre et 58 à colons, revenu fiscal 166 livres. 993 œuvres de vigne dont 817 en propre et 176 à colons au tiers fruits pour un revenu fiscal de 678 livres.18 septerées de bois taillis en propre revenu 9 livres. 3 journaux de vergers en propre 12 livres. Cette année 1741 il a été récolté 41 quintaux d’huile de noix pour un revenu fiscal de 59 livres( le quintal d’ancien régime valait 50kg).

La paroisse de vollore possédait un cheptel de 373 bovins( revenu 559 livres), 1064 moutons et brebis revenu 159 livres) et 247 chèvres ou cochons dont on ne fait pas le détail revenu 123 livres. le total des recettes s’élevant a 5369 livres 3 sols 6 deniers. On notera la superficie de vignes cultivées sur la paroisse. Compte tenu des terrains escarpés nous porterons l’œuvre de vigne a seulement 500 m2, ce qui nous donne environ 50 hectares de vignoble, dont la production était écoulée sur place et à Thiers ville proche de Vollore ou se trouvait une importante population ouvrière ( couteliers, papetiers, tanneurs et gainiers… )


Transcription Michel Sablonnière. Archives privées - Vollore ville.2016

lundi 21 décembre 2015

André Kristos (1922 – 2013)

Né à Thiers en 1922, André doit son nom de famille aux origines grecques de son père. Il passe son enfance, heureuse d’après ses dires, dans le quartier de Boulay, en haut de Thiers. Artisan coutelier, il allait souvent à la bibliothèque municipale où il rencontra un archiviste qui deviendra son mentor et ami : Henri Soanen.

Ensemble ils vont effectuer un travail colossale de déchiffrage des terriers des 15 et 16ème siècles de la ville de Thiers. André admirait la dextérité avec laquelle Henri Soanen déchiffrait ces vieux textes illisibles pour le commun des mortels. Ils mirent à jour une vision nouvelle de la géographie de Thiers à la fin du moyen-âge. Ils complétèrent leurs études avec d’autres plans notamment du 18ème siècle découverts par la suite. L’ensemble de la traduction des terriers se fit sur des cahiers d’écolier manuscrits. Leurs recherches et découvertes complétèrent et parfois corrigèrent celles d’Alexandre Bigay, autre figure de l’histoire locale.

  • Figure 1 : André Kristos devant la passerelle en bois érigée par le Pays Thiernois dans les années 80 (2001)

A la mort d’Henri Soanen en 1968, André pris contact avec d’autres historiens pour partager les connaissances notamment au travers d’expositions. Il intervint également dans les écoles afin de sensibiliser les jeunes au riche passé de Thiers. Il créa pour ceci de nombreuses cartes pédagogiques, des diaporamas, des photographies… le tout commenté par lui-même avec enthousiasme. André transmit sa passion à de nombreux thiernois durant ces interventions.

  • Figure 2 : les quartiers médiévaux et l'église Saint Genès

Puis vint la retraite en 1983 où il créa avec quelques bénévoles « le Pays Thiernois et son Histoire ». Il insistait toujours sur « et son Histoire » avec un H majuscule à Histoire ! Ces années de l’association furent fastes et permirent à André de retranscrire, dans un style accessible, l’ensemble du fond des études des terriers de Soanen-Kristos dans les brochures du « Pays Thiernois et son Histoire ». André dirigea la publication du numéro 1 (1983) au n°22 (1996). En parallèle, les piocheurs et défricheurs de l’association débroussaillèrent la vallée des Rouets et les sentiers des Margerides. Cette formidable aventure fit découvrir aux thiernois des dizaines de moulins à émoudre les couteaux… Sans lui, peut-être que ces deux sites aujourd’hui touristiques seraient toujours dans l’oubli…

En 1996, il se détacha de l’association à cause de certaines divergences… L’année d’après il perdit sa femme Andrée, un drame immense à surmonter… Mais qu’il gravit en refaisant petit à petit sa vie. Il se découvrit d’ailleurs des talents de danseurs durant cette période, les ginguettes de la région peuvent en témoigner ! Malgré ce changement radical, il continua néanmoins ses recherches sur la ville de Thiers. Avec l’aide de l’association Escotal il décida de compiler les fonds Soanen-Kristos et de les publier par thèmes : « l’eau à Thiers », « les industries sur la Durolle vers 1500 » et enfin le conséquent « Atlas de Thiers à travers l’Histoire ». En parallèle André continuera de faire quelques visites commentées de la vallée de Rouets et de sa chère ville de Thiers.

  • Figure 3 : le plan de Revel - Thiers vers 1450. Une vision fabuleuse de Thiers à la fin de moyen-âge.

Au-delà de son héritage écrit, il nous reste l’image d’un homme droit, volontaire, parfois têtu et autodidacte. Sa grande silhouette a arpenté Thiers durant des décennies pour essayer d’en comprendre la géographie et l’histoire. Il faisait partie de la génération née dans l’entre deux guerre. Toujours poli et courtois, économe à l’extrême, ramassant les élastiques dans la rue, écrivant sur les enveloppe usagée, récupérant tout… Un écologiste avant l’heure. Il avait aussi la particularité de tourner les pages d’un livre ou d’un cahier avec une gomme. André vouvoyait beaucoup, même les plus jeunes. Il avait également le désir de léguer sa passion et son savoir aux jeunes, de passer le relais… Surement pour relayer à son tour ce que lui avait transmis Henri Soanen.

  • Figure 4 : le rouet Lyonnet départ touristique de la vallée des Rouets

Il est parti discrètement en juillet 2013 laissant un vide immense pour les gens qui le côtoyaient. Thiers perd un grand défenseur de son histoire et de son patrimoine. Mais au-delà de notre tristesse, André Kristos a su, contrairement à beaucoup d’historiens locaux, écrire la quasi-totalité de ce qu’il savait. Il a donc laissé une grande quantité d’informations sur les bâtiments, les monuments, les rues, les chemins, les cours d’eau… qui, à jamais, sont sauvés de l’oubli. Ceci est un lègue inestimable.

Publication d’André Kristos

  • Brochures le Pays Thiernois et son Histoire n°1 (1983) à n°22 (1997)
  • L’eau à Thiers - Plan hydrologique de la ville de Thiers (Escotal 2003)
  • Les industries sur la Durolle vers 1500 (Escotal 2010)
  • Atlas de Thiers à travers l’Histoire (réalisé 2002 à 2012) : 27 cartes (environ 150 pages pas encore publié)

samedi 12 décembre 2015

MOTTES FEODALES ET CHATEAUX A MOTTE - CHATEAU A MOTTE OU ROMAN : exemple #MONTGUERLHE

De tous temps les hommes ont éprouvé le besoin de se protéger. Aux premiers temps de l’humanité les cavernes ont servi de refuge, puis des cités lacustres ont abrité des peuplades. Les gaulois ou celtes, avant la conquête romaine se réfugiaient sur des oppidums (Ex : GERGOVIE LES COTES DE CLERMONT). Après les grandes invasions de la fin de l’empire romain les villes et villages se sont abrités derrière des murailles et des palissades. A l’époque carolingienne les gardes ou Curtis ont servi de refuge aux populations puis, avant l’an mil les potentats locaux ont édifié des fortifications nouvelles: les mottes féodales. Ensuite apparaissent les châteaux à motte ou châteaux romans tels que MONTGUERLHE.

MOTTES FEODALES Ce sont des éminences tronconiques hautes de 10 à 30 mètres formant un enclos palissadé, entouré de fossés et le plus souvent d’une basse cour. Sur le territoire communal d’ ESCOUTOUX deux sont encore visibles :

  • LA GRAULIERE ET LE BOIS RUDEL.

  • Tour carré en 1900 - 1910

CHATEAU A MOTTE OU ROMAN : exemple MONTGUERLHE C’ est un donjon au sens de maison du maitre DOMUS comprenant une habitation avec haute cour, tour de guet, le tout enclos dans une muraille ou rempart élevée sur un talus artificiel au pied duquel se trouve un large fossé ( a montguerlhe ce sont des douves sèches ). Dans ce type de constructions, au-delà du fossé il y a généralement une basse cour en forme de demi lune (c’est le cas à MONTGUERLHE) protégée elle aussi par un fossé et des remparts ou courtines.

Le château de MONTGUERLHE possédait une petite garnison de 10 à 15 hommes environ, chargés de la surveillance en direction du forez mais aussi de la route reliant THIERS à CERVIERES. Près du château se trouve un village nommé le péage, c’était le lieu ou l’on percevait certains droits seigneuriaux. MONTGUERLHE n’était pas une résidence mais une forteresse placée sur une hauteur afin d’impressionner les gens des alentours et les éventuels ennemis.

Au moment de la guerre de cent ans les défenses du château s’avèrent obsolètes en raison de la faible épaisseur de ses murs et du système défensif hors norme pour l’époque. Encore entretenue au xvi ème siècle, la forteresse est dite en mauvais état et quasi ruinée en 1610. L’ ordonnance de démentiellement promulguée par Richelieu achèvera la destruction de tout l’ appareil défensif. On peut penser que les seigneurs de VOLLORE alors bien en cours auprès du roi appliquèrent ces ordonnances. Ensuite MONTGUERLHE à poursuivi son inexorable déclin. Depuis l’ automne 2006, ESCOTAL à entrepris le débroussaillement du site et souhaite conserver et entretenir les vestiges; afin d’ offrir au promeneur un témoignage de notre histoire locale.

  • Château de Montguerlhe 1914

Château de Montguerlhe

Le château de Montguerlhe se situe au sommet d’un plateau (du même nom) à 829 m d’altitude à la frontière de trois communes : Sainte-Agathe (Puy-de-Dôme), Escoutoux et Celles-sur-Durolle (proche de Thiers – Puy-de-Dôme - 63). C’est un ouvrage militaire de type primitif vraisemblablement bâti au xie siècle. Il est actuellement en ruine.

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Siège social : le Pommier, 63120 Sainte-Agathe - Plan.

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